Du 4 au 9 mai dernier, j’ai animé un atelier de photographie d’oiseaux en Ontario. Nous avons couvert le Parc national de Pointe Pelée, ainsi que plusieurs autres parcs du sud de la province. Quatre personnes ont participé à ce voyage atelier.
J’avais décidé de devancer la formation de quelques jours puisque les années dernières, la végétation était en avance. Malgré les dates hâtives, les feuilles sont encore une fois apparues plus tôt.
La migration printanière est toujours imprévisible et est directement reliée à la météo. Nous avons passé les trois premières journées et demie à Pointe Pelée sous un ciel parfois couvert et nous y avons photographié de quelques espèces de passereaux.
Nous y avons photographié la Paruline orangée, la Paruline à ailes bleues, la Paruline des ruisseaux et l’Ictérie polyglotte.

Paruline à ailes bleues, Ontario, mai 2026
100-500mm f/4,5-7,1 @ 500mm; 1/1250, f/7,1, ISO 2500
Main levée
Photo : Daniel Dupont
Lors de notre première journée à Pointe Pelée, nous avons photographié quelques espèces de passereaux, dont cette Paruline à ailes bleues.
Lors des premières années de visite à Pointe Pelée, j’animais des ateliers de 5 jours sur place. Depuis deux ans, je combine un atelier de trois jours et demi dans le parc et deux jours et demi à des sites alternatifs pour un total de six journées de formations.
L’année dernière, j’avais décidé d’ajouter une journée pour animer une formation de 6 jours et de demeurer les trois premières journées complètes à Pointe Pelée et par la suite visiter des sites alternatifs.
Cela permet de couvrir le parc, mais d’avoir aussi suffisamment de temps pour les autres sites tout aussi prometteurs et être certains d’avoir plus d’opportunités photographiques.

Ictérie polyglotte, Ontario, mai 2026
600mm f/4 + 1,4x RF; 1/2500, f/5,6, ISO 1250
Main levée
Photo : Daniel Dupont
Je visite le Parc national de la Pointe Pelée depuis près de 20 ans et je n’y ai photographié l’Ictérie polyglotte qu’à deux reprises. Ce n’est évidemment pas une photo de concours, mais elle contribue à identifier l’espèce, comparer sa dimension avec l’Oriole de Baltimore et aussi constater qu’il est possible de la confondre avec la femelle de cette espèce. Elle se distingue tout de même par son cercle oculaire marqué. Cette espèce est considérée en voie de disparition depuis 2017.
Les participants ont réalisé des apprentissages importants au niveau de la gestion de la lumière et du repérage des oiseaux. Nous avons travaillé en mode d’exposition manuel et j’ai fait régulièrement des exercices afin de les aider à ajuster leur exposition tout en expliquant la raison de la sélection d’une vitesse précise selon la situation et l’intensité de la lumière.
L’intérêt de participer à une telle formation est d’apprendre sur le terrain à maîtriser l’exposition en situation de prise de décision rapide et d’obtenir de meilleurs résultats dès la prise de vue et d’avoir par la suite moins de travail à compléter sur l’ordinateur.

Paruline des ruisseaux, Ontario, mai 2026
100-500mm f/4,5-7,1 RF; 1/2500, f/8, ISO 2500
Main levée
Photo : Daniel Dupont
La Paruline des ruisseaux est généralement observée au sol, se déplaçant en hochant légèrement la queue à la recherche de petits insectes. Nous avons eu l’occasion de la photographier à quelques reprises. Ce n’est pas une espèce facile à localiser en raison de sa petite taille et de son plumage brunâtre plutôt discret.
Afin de bien contrôler le mode manuel, il est important de bien comprendre les subtilités de la sélection des trois paramètres : ouverture, vitesse et valeur ISO. La sélection de ces valeurs change en fonction de la situation de prise de vues.
Il est aussi important de bien programmer les différents boutons d’ajustement de sa caméra afin d’être le plus réactif possible.
À certains moments, je débuterai en sélectionnant l’ouverture et dans d’autres situations, je débuterai en sélectionnant la vitesse ou la valeur ISO.

Bernache du Canada, Ontario, mai 2026
600mm f/4 RF + 1,4x; 1/2500, f/5,6, ISO 1600
Main levée
Photo : Daniel Dupont
Il est rare que je publie deux photos d’une même espèce dans un rapport d’atelier, mais ces deux photos méritent quelques explications. Lors de l’un de nos passages à cet endroit, nous avons photographié le mâle pourchassant une autre bernache pour protéger le nid et la femelle qui couvait.

Poussins de Bernache du Canada, Ontario, mai 2026
600mm f/4 RF + 1,4x; 1/2500, f/5,6, ISO 1600
Main levée
Photo : Daniel Dupont
Sur le terrain, lors d’un second passage, la femelle était sur le nid pour protéger les poussins dans l’attente de l’éclosion du dernier œuf. Les interactions entre les jeunes et la femelle nous ont permis des images attendrissantes.
Il est important de prendre des notes afin de repasser aux endroits les plus prometteurs et y refaire des photos qui racontent une ou des histoires. Ces images représentent bien la nidification de la Bernache du Canada.
Lors des journées de formation, nous avons donc porté une attention soutenue à l’ajustement de l’exposition en fonction de la scène que nous photographions et la position des courbes de l’histogramme en fonction des couleurs des plumages.

Canard branchu femelle, Ontario, mai 2026
100-500mm f/4,5-7,1 RF @ 500mm; 1/3200, f/8, ISO 1250
Main levée
Photo : Daniel Dupont
Lors de nos déambulations dans les sentiers à Pointe Pelée, nous avons observé cette femelle Canard branchu. J’ai profité de l’occasion pour recommander aux participants de cadrer le sujet dans le coin inférieur pour donner de l’espace lorsqu’elle prendrait son envol, ce que représente bien cette photo.
Le fait marquant a été de voir la canne prendre son envol et entrer directement dans la cavité d’une branche évidée et d’y rester pour pondre ou couver. Cet arbre était directement en bordure de l’un des sentiers.
Une petite plume est restée accrochée au rebord de la cavité, la seule preuve du passage de la femelle branchu. Nous avons tous été impressionnés de la vitesse à laquelle elle est entrée dans la cavité et je n’aurais jamais imaginé qu’une espèce nichait dans cette cavité.
Lors des ateliers que j’animerai dans le boisé près de chez moi, je pourrai expliquer aux participants comment trouver les cavités et comment réussir à photographier les oiseaux y arrivant sans nuire à la nidification.
Nous avons arpenté plusieurs sentiers, surtout ceux qui m’ont semblé les plus productifs. Lors des trois journées et demie passées à Pointe Pelée, nous avons marché entre 8 et 12 km par jour. Nous avons visité différents habitats afin de photographier une plus grande diversité d’espèces.

Goéland à bec cerclé, Ontario, mai 2026
100-500mm f/4,5-7,1 + 1,4x @ 700mm; 1/2500, f/10, ISO 500
Main levée
Photo : Daniel Dupont
Nous avons aussi visité une colonie de nidification de Goélands à bec cerclé où nous pouvions être très près des nids sans importuner les oiseaux. En me plaçant dans l’angle approprié, j’ai ajusté l’exposition pour le plumage de l’oiseau et me suis assuré que l’eau en arrière-plan serait sombre pour permettre au sujet de se démarquer.
J’ai profité de celui-ci pour réaliser une série de photos avec le 100-500mm couplé à un multiplicateur 1,4x. Je ferai bientôt une vidéo à ce sujet sur ma chaîne YouTube.
Après les trois premières journées et demie consacrées au Parc national de Pointe Pelée, nous avons repris la route en direction du Québec. Nous avons effectué de multiples arrêts, dont à un site pour photographier une colonie de Goélands à bec cerclé et une colonie de Cormorans à aigrettes.
Nous avons aussi fait des arrêts pour photographier des Cygnes tuberculés, des Cygnes trompette ainsi que des Grèbes jougris.
Nous avons couvert un territoire relativement étendu. Lors de la formation, nous avons visité un site national, des sites provinciaux, des parcs urbains et des sites privés.

Sterne pierregarin, Ontario, mai 2026
600mm f/4 RF + 1,4x; 1/2500, f/5,6, ISO 320
Main levée
Photo : Daniel Dupont
Lors de la dernière journée, nous avons fait un dernier arrêt où nous avons photographié un nid de Balbuzard pêcheur et des accouplements de Bernaches du Canada et de Sternes pierregarin.
C’est un avantage important de participer à ce genre de formation avec un photographe professionnel connaissant bien plusieurs des parcs de l’Ontario et qui est en mesure de repérer les oiseaux à leurs chants. Les participants ont ainsi amélioré leur capacité à identifier les espèces de passereaux que nous observions en migration.
J’ai aussi continuellement expliqué le comportement des oiseaux que nous photographions. Selon moi, il est essentiel de bien comprendre leurs comportements pour être en mesure de les illustrer.
J’ai aussi souvent expliqué dans quel habitat nous pourrions retrouver ces espèces, ainsi que les signes qui démontrent leur présence sur le territoire. Nous avons repéré plusieurs cavités de nidification et j’identifiais l’espèce possible selon la dimension de l’entrée.

Cygne trompette, Ontario, mai 2026
100-500mm f/4,5-7,1 @ 238mm; 1/2500, f/7,1, ISO 800
Main levée
Photo : Daniel Dupont
Nous avons visité un parc où il est possible de voir et photographier deux espèces de cygnes, le Cygne tuberculé et le Cygne trompette.
Cette image illustre bien l’importance de bien ajuster l’exposition afin d’obtenir tous les détails du plumage de ce Cygne trompette. Malgré le ciel couvert, la photo n’est pas surexposée et nous pouvons bien voir les plumes.
Selon les situations de prise de vues et surtout lorsque l’oiseau collaborait et demeurait sur place, je vérifiais le rendu artistique ainsi que l’exposition des photos prises par les participants. Cela leur permet de réaliser immédiatement un nouveau cadrage plutôt que de se faire évaluer une photo en soirée alors qu’il sera impossible de la reprendre.
Comme à tous les ateliers que j’anime, j’ai insisté sur l’importance de bien ajuster l’exposition. En s’assurant de bien sélectionner la combinaison : ouverture, vitesse et ISO dès la prise de vue, les résultats sont supérieurs. Il est alors possible de sélectionner une valeur ISO relativement élevée sans avoir trop de bruit sur l’image.
Le fait de visiter plusieurs autres sites plutôt que demeurer au Parc national de Pointe Pelée nous permet de diversifier les espèces et d’obtenir des images différentes.
J’animerai à nouveau ce voyage atelier en 2027 avec un groupe de 4 à 6 participants. Si vous êtes intéressé par cette formation, je vous invite à communiquer avec moi.
Plusieurs milliers de personnes ont suivi la semaine d’atelier sur ma page Facebook. J’y ai publié une photo chaque jour.
J’ai aussi publié sur ma page Facebook d’autres photos et je vous invite à aller les visionner : http://on.fb.me/YRG525

Moi-même, Éric Harvey, Guylaine Lambert, Paule et Gilles Morin.
Voici des commentaires et des photos prises par les participants à l’atelier :

Bernaches du Canada, Ontario, mai 2026
100-400mm f/4,5-7,1 @ 500mm; 1/2000, f/8, ISO 1250
Main levée
Photo : Gilles Morin
« Un autre atelier riche en apprentissages et en captures mémorables »
Paule et moi revenons tout juste du périple photographique à Pointe Pelée avec Daniel. Malgré la température qui ne voulait pas coopérer (on a même eu droit à des migrations inversées), nous avons passé une très belle semaine orchestrée et guidée par Daniel.
Daniel a su convertir ce qui aurait pu être une expédition peut-être décevante (en termes de nombre d’espèces observées et photographiées à la Mecque des ornithologues de Pointe Pelée), en une semaine riche d’enseignements et de belles prises de photos d’oiseaux en action.
Encore une fois, sa maîtrise de la photographie et ses connaissances approfondies de l’ornithologie, mêlées à son sens de l’anticipation et à sa grande prévenance, constituent un cocktail unique qui crée une très belle expérience client.
Comme photographe amateur encore à ses débuts, j’ai pu corriger et améliorer drastiquement la qualité de mes photos. Comme ornithologues amateurs, Paule et moi avons pu approfondir nos connaissances sur les comportements des oiseaux, ce qui est plus que nécessaire pour anticiper et faire de la belle photo.
Daniel est passé maître dans l’art de convertir l’ordinaire en extraordinaire. Fin pédagogue, il a l’art de faciliter le transfert et la compréhension de sujets techniques. Il adore ce qu’il fait et ça paraît!
Merci Daniel pour cette belle semaine en ta compagnie.
Paule et Gilles Morin

Grèbes jougris, Ontario, mai 2026
500mm f/4 EF + 1,4x; 1/2500, f/5,6, ISO 640
Trépied
Photo : Guylaine Lambert
Nous avons décidé de faire ce voyage photo puisque nous voulions depuis longtemps photographier des Grèbes jougris dans leur habitat naturel. Lorsque nous avons enfin pu les observer et les photographier, ce fut un très beau moment et une expérience mémorable que nous sommes heureux d’avoir vécue.
Guylaine Lambert et Éric Harvey

Grèbes jougris, Ontario, mai 2026
600mm f/4 RF; 1/2500, f/7,1, ISO 800
Trépied
Photo : Éric Harvey
Bonjour. Merveilleuses photos! Bravo Daniel et aux participants.